Demain l’aventure…

Hilly Road

J’ai toujours pensé que la destination se devait d’être de changer un tant soit peu le monde… Un petit pas à la fois. Que ce soit d’essayer de décrocher des sourires sur le visage de collègues, donner un peu d’espoir à celui qui n’en a plus, contaminer un enfant avec le don de soi ou encore se laisser contaminer, ce qui est beaucoup plus difficile… Mais poser un geste, un tout petit geste…

Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai ce besoin d’avoir un impact, si petit soit-il, sur la vie de quelqu’un. Ce besoin de me dire que ma journée s’est avérée « payante » que j’ai pu faire une toute petite différence…

Depuis aussi loin que je me souvienne, cet appel de justice, d’équité et d’amour pour l’autre fait allumer un feu en moi et me donne le goût de me battre. Me donne le goût de foncer.

Au fil du temps (et qu’il passe donc ben vite celui-là!) divers chemin m’ont guidée à répondre à cet appel. Que ce soit en maison d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, où j’ai appris le sens du mot résilience avec un grand R, où j’ai vu tant de souffrance, mais aussi d’espoir et de « miracles »… ou encore à la MRC de Maskinongé où j’ai passé les huit dernières années et où j’ai eu la chance de côtoyer tant de gens exceptionnels. J’ai essayé, à ma façon. avec une plume parfois ou encore un bâton, d’ouvrir des portes de projets et d’actions.

Ce n’est pas toujours possible, c’est souvent éreintant et frustrant, mais c’est cette destination : « changer un tant soit peu le monde » qui  m’habite et m’allume chaque jour de ma vie.

Dès demain matin, je garde le cap mais je change de moyen de transport. Une nouvelle aventure commence. Je rejoins un homme que je connais bien et pour qui j’ai un profond respect. Un homme qui a le cœur et les convictions à la bonne place et qui, je n’en doute pas une seconde, travaillera d’arrache-pied pour les gens, les organisations et les entreprises de son comté.

Merci Simon Allaire!  Merci pour la confiance que tu m’accordes, merci de me donner la chance de travailler différemment vers l’atteinte de ma destination de départ… C’est un honneur et un privilège de me lancer dans cette aventure avec toi à titre d’attachée politique… Et même si j’ai horreur des promesses, j’en fais une aujourd’hui, soit celle de mettre tout mon cœur dans cette nouvelle aventure !!!

Simon

 

 

 

 

 

 

 

Il était un boisé…

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Au delà des promeneurs et habitants du quartier qui s’indignent haut et fort d’une potentielle coupe dans ce boisé joli, je me suis demandée pourquoi la colère et l’envie de te protéger s’est rendue jusqu’à toi, à toi ou moi…

Sans avoir la prétention de détenir la vérité, je pense posséder un p’tit bout de réponse.

Collectivement, on en a marre. Marre de voir nos richesses s’envoler pour toujours plus et plus de production, de consommation, de développement aveugle. Marre de cette vie qui va si vite et oublie parfois de réfléchir avant d’agir. Marre de devoir expliquer à nos enfants que l’équité n’existe que sur papier et que les choix que nous prenons au Nord ont un impact au Sud. Marre d’entendre ces climato-sceptiques répéter que tout va bien dans le meilleur des mondes…

Alors toi ! Joli boisé que je ne connais pas, tu représentes ce TROP partout autour de nous. Tu n’as rien demandé, si ce n’est offrir une aire de jeux à des chatons de passage, ouvrir tes bras verdoyants aux promeneurs du dimanche et surtout, souffler ton air aux poumons encrassés que nous sommes. Trois-Rivières, ville TRès polluée. La première au Québec selon le palmarès 2016. Qu’on se réjouisse, pour une fois, on bat la métropole !!!!

Loin de moi l’idée de vouloir faire une leçon de morale ou de m’enfouir la tête dans le sable bitumineux. Nous avons besoin de richesses économiques, nous avons besoin d’essence, nous avons besoin de main d’oeuvre et donc d’attirer de nouvelles familles en notre belle Trifluvie. Mais a-t-on besoin de le faire de cette façon ?

N’y a-t-il pas moyen d’offrir un second souffle à des quartiers existants ? La  revitalisation, quel beau, stimulant et cohérent défi en ces années 2000…

On ne change pas ses habitudes en deux temps trois mouvements. Il m’arrive encore de jeter du carton à la poubelle, mais mon ado me ramène TRès vite à l’ordre et si je prends le temps de réfléchir à mon geste, alors évidemment je change de bac.

Alors tu sais joli boisé, je crois qu’il est temps de prendre son temps !  je crois que cette colère collective qui monte à ta défense représente ce goût, ce désir, ce besoin !!! de réfléchir avant d’agir, de préserver le joyau que tu es et pourquoi pas, de te rendre contagieux.

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J’ai soif !

ours

J’ai soif –

Soif de revoir les courbes majestueuses de certains pays loin là-bas et d’en découvrir de nouveaux…  pas à pas… Tout doucement. À travers mes yeux d’enfants.

J’ai soif –

De rencontres humaines au détour d’un peut-être. le temps d’échanger un rêve dans le vent du moment. De voler un peu de toi au carrefour de l’instant.

J’ai soif –

Soif de toi. D’une caresse de l’autre que je ne connais pas…

J’ai soif –

De cette effervescence qui oblige mes pieds à danser l’un devant l’autre. Là-bas, sur les chemins magiques d’un ailleurs bien connu; d’un ailleurs inconnu.

J’ai soif –

De cette urgence de vivre intensément chaque moment. Comme si le grand sablier du temps déjà me courtisait au détour de l’instant… Cinquante ans.

J’ai soif –

Soif de toi. D’une caresse de l’autre que je ne connais pas…

J’ai soif –

De reprendre le chemin droit devant comme avant. Sortir du cercle trop planifié des années.

J’ai soif –

De poser mes pieds sur les courbes imparfaites d’une nature luxuriante; d’une ville incandescente.

Alors je bois. Chaque goutte qui s’offre à moi dorénavant je la bois. Et aujourd’hui je t’invite à trinquer avec moi.

trinquer

 

 

Ce matin j’ai le goût de parler de toi..

vagabond

Oui oui, de toi…

De ta façon de me regarder, la tête un peu penchée, l’œil discret. De ta façon de te promener, mains dans les poches, comme si l’itinéraire n’était jamais fixé.

Moi j’te dis bonjour quand j’te vois, tout le temps. Tu me rends mon salut, du moins à moitié,  l’air de te demander si vraiment le mien t’était adressé. Ben oui l’ami, c’est pour toi ce sourire qui tout naturellement se forme quand je te vois.

Tu sais, j’ai le goût de te parler, de t’écouter, de connaître ton histoire alors je m’approche un peu plus à chaque rencontre. Je m’approche tout doucement, afin de t’apprivoiser. Qu’il semble lourd ce passé qui t’a ainsi figé dans une vieillesse précoce et solitaire.

Ton histoire pourrait être la mienne et ça… Je le sais. La ligne est mince, le cœur fragile…

Oh non tu ne fais pas pitié, bien que je sois bien sûr sensible à ta souffrance, ce n’est pas du tout le mot qui me vient, ne t’en fais pas… Loin de moi l’idée de projeter la honte au dessus de toi alors s’il-te-plait, lève la tête et regarde moi, parle-moi. Un maux à la fois.

Tu n’es pas seul mon ami. Tu ne le sais pas, mais je suis là, il est là, elle est là, nous sommes près de toi.

Tous ces gens qui vont trop vite et qui détournent le regard en te voyant, ne le font que par maladresse, inconfort, gène. Ils sont coincés dans cette folie qui va trop vite, dans le manège étourdissant de la vie. Et pourtant, toi, tu le sais et tu pourrais leur parler de ce garde-fou qui parfois se casse à l’orée de cette course folle et ce, quand on s’y attend le moins. Et que oui, parfois,  il est possible de tomber.

Tu es le vagabond. Celui qui se déplace sans cesse. Celui qui marche afin de contourner le temps. Celui qui semble cajoler tant de souvenirs précieux au fond de l’œil discret, profond et mouillé qui est le tien.

Je t’appellerai Axel en attendant de connaître ton prénom. Axel c’est l’homme  « qui rêve sa vie, qui vit dans son imaginaire… »

Jamais je ne t’ai  vu tendre la main pour quelque sous ou quelque morceau de pain. Tu es là et las, tu marches seul, au gré de ton parcours, au rythme de ton chemin.

Regarde tout là-bas, il y a un banc. Si tu veux on s’assoit et le temps d’une démesure, tu me racontes ton histoire…

Juste déposer le temps…

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Juste déposer ma montre sur la table de nuit. Celle-là même qui règle les trois quarts de ma vie. Humer l’air, si chaud soit-il et qui entre discrètement par ma fenêtre entrouverte.  Prendre un livre, tu sais, un vrai ! Pas de liseuse ou de tablette… Non non,le bonheur d’un vrai livre, acheté dans une librairie indépendante, riche de ses feuilles bien blanches et de ses milliers de mots…

Il m’invite. Comme le beau brun d’un souvenir lointain, sourire coquin et œil allumé l’avait fait quelque temps avant lui. Bref, il m’invite à déposer le temps et entamer cette valse amoureuse dans ses bras, au rythme de sa ponctuation, au rythme de son émotion.

Déjà ses préliminaires me basculent dans l’ailleurs. Il n’y a plus que nous deux… Plus que nous deux… Je suis complètement soumise, amoureuse, le temps d’un vertige… Je me donne entièrement à cette valse endiablée. Il me guide dans sa folie, son intrigue, son espace parallèle… Je suis là. Je suis là et je danse. Me vois-tu ? J’y suis… Dans cette destination de l’ailleurs qu’il a choisi pour moi.

Et ce temps où le temps n’existe pas, Il n’y a que l’amour ou le livre pour l’inventer, le ressentir, le vivre. J’ai le goût de l’appeler, mon p’tit moment de grâce. Tu seras le seul, le temps de cette valse. Je te serai fidèle jusqu’à l’apogée de notre amour où je te quitterai, tout doucement. En fermant les yeux pour garder au plus profond de moi le souvenir de notre aventure. Et doucement, tout doucement, l’autre te succédera afin de me guider vers le prochain voyage…
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Page blanche…

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Me voilà repartie dans un tourbillon d’il faut que… Je dois absolument… C’est aujourd’hui…. Bref, il y a une semaine que je n’ai pas écrit de billet alors la moelle de substance écriturale se doit de dégouliner….

Mais pourquoi? Au fond, si ce qui paraît être un abîme tout blanc et tout profond devant moi n’était que la première note d’une symphonie d’inconnus; qui de trous noirs en pages blanches m’amenait vers un sujet délirant et incontournable à en faire baver Mauriac?

Et si, au contraire, cette parenthèse du réel ne se voulait qu’un moment de solitude où le rebond de la vie, les événements passés, présents, futurs s’amusaient simplement à se confondre pour se tailler une place dans cette réflexion matinale…

Est-ce vraiment important? Si la destination du jour n’était pas le sujet sur lequel élaborer, se questionner, philosopher, mais simplement sur la manière… La démarche…. Un arrêt dans le temps… Au milieu de ce flot de quotidienneté qui nous pousse, tous les jours, à replonger dans un amas de routines pas toujours passionnant mais… disons…..adéquat… qui permet de maintenir un équilibre, si fragile soit-il parfois, entre le : je dois, je veux, j’aimerais…

Voilà…. Ce matin je me suis levée pour me rappeler de ne pas perdre cette qualité de doute, d’inconnu, de frisson qui s’installe avant chaque trait de crayon ou de clavier… Comme un premier amour à jamais renouvelé. J’aime ce vide épeurant de la page blanche qui me permet, l’espace d’un cours moment de n’être qu’avec mon trac… mes idées… mes envies… Loin du devoir et des impondérables de la vie….

Quand les mots se fréquentent sans connaître le but premier de leur rencontre, c’est un magnifique moment ancré dans le temps… En direction d’une des portes du possible…

4 gars : un cœur de Qw4rtz

qw4rtz

8h moins le quart. Premier constat.

La magnifique salle Thompson de Trois-Rivières est aussi hétéroclite qu’endiablée ce soir. Des petites têtes blondes jusqu’aux cheveux bien blancs. Du look décontracté à la robe de soirée. Quel drôle de public que je me dis, accompagnée moi-même de mon ado qui est tombée en amour avec le groupe lors d’une visite de ceux-ci à l’école.

Bref, c’est même pas commencé que je sens déjà au fond de la poitrine, tu sais, là où ça tremble, ça pleure où ça rit à la moindre émotion ? Ben là, au fond de la poitrine je sais que je vais passer une bonne soirée.

Décor épuré, éclairage franc et direct. BANG! Ils font leur entrée quelque part entre rock stars et universitaires…  Quelque part entre frissons et passion.

Et là, je vous jure c’est de l’Art. Avec un grand A.  Et A pas juste pour A cappella. C’est une oeuvre d’art de deux heures qui se déploie devant nos yeux et surtout nos oreilles. Non seulement ils sont remplis de talent, mais on voit que l’oeuvre a été sculptée, peaufinée, épurée, des heures durant pour en arriver à …. Tout simplement la perfection avec une touche d’humour et beaucoup d’amour.

L’Art se situe aussi dans l’intelligence avec laquelle ce spectacle est monté. Des Beatles au classique, en passant par Piaf, Brel ou les Backstreet boys, du Vigneault et du Bruno Mars réinventés, bref, quel cadeau.

L’Art aussi de faire les choses avec sérieux, mais sans se prendre au sérieux. On a l’impression de connaître ces quatre gars fort sympathiques et de les imaginer faisant partie de la famille. On les voudrait comme chum, frère, ami, fils ou gendre… Bref, peut-être parce que ce sont des gars d’ici, on les imagine assis à notre table. Ami-e-s je vous le dis, si ce n’est déjà fait, courez vous imprégner de ce joyau de quatuor.  Car si j’ai une certitude ce matin, c’est qu’on va entendre parler longtemps et partout sur la planète de ce « boy’s band » bien de chez nous.

Merci Qw4rtz !

J’aime le matin…

cafe

J’aime le matin… Ce doux moment où le soleil valse avec le café à l’orée de mon cœur. Ce doux moment où l’essentiel est à faire, à vivre, à combler. Je suis prête. Que ce soit prendre d’assaut un auditoire ou simplement ratisser un petit coin de jardin, je suis prête.

J’ai vingt ans, je le sens.

Puis la journée avance comme une tonne de brique tombée sur le ciment. Mais où donc passe le temps ?

Je côtoie des gens que j’aime et l’espace d’un moment j’essaye de le gagner un peu… le temps… Vain combat qui me rentre un peu plus dans les veines, chaque semaine … Mais j’suis sereine…  J’aime le matin… J’aime le matin…. J’y suis si bien…

J’arrive la première et caresse ce moment; la journée m’appartient.

Puis doucement la faune s’éveille; débute le safari. Le temps s’égraine vitesse grand V et parfois m’envahit de nausée. Tout va si vite. Trop vite. À peine l’aube de la certitude effleurée, il faut recommencer.

Puis le soir reprend sa place à coup de doutes et d’espoir…
Puis le soir mesure l’effort et me rappelle que je n’ai plus vingt ans. Ou du moins, jusqu’au prochain matin.

J’aime le matin… Ce doux moment où le soleil valse avec le café à l’orée de mon coeur…

Ferme ta g… si t’as rien à dire…

main

Voilà. Un bon samedi matin pluvieux. Pluvieux comme mon humeur. Je n’ai rien à dire alors je me dis que je serai bien mieux de fermer ma g….. Mais y a quand même même des p’tit postillons qui m’irritent la gorge parce qu’ils veulent sortir… Alors permettez-moi de cracher un peu… Mais avec élégance…

Non, je ne parlerai pas de ce voyage de solidarité pour des jeunes de secondaire 5, qui est annulé parce qu’encore une fois, les hommes se parlent à coup de violence plutôt qu’autour d’un café…

Je ne parlerai pas non plus de ces images indécentes de rodéos, qui déferlent sur  nos écrans et qu’on essaye de défendre à coup de poing économique.

D’un bébé tué par sa mère alors que tant de couples n’arrivent pas à procréer ?
Des problèmes de santé mentale, trop souvent laissés sans réponse et qui peuvent mener à des situations dramatiques comme celle-la… Non, je n’en parlerai pas.

Je ne parlerai pas non plus de ces jeunes tués en  pleine fleur de l’âge dans un bête accident d’autobus ou d’un camion fou qui décide de finir sa course en fauchant toutes vies sur un trottoir, là bas tout près, dans la cité voisine…

Je ne parlerai pas  de ces annonces à répétition, des bonbons de toutes les couleurs,  alors que semble-t-il nous ne sommes pas en campagne électorale ? Mais c’est vraiment prendre les gens pour des c… que d’imaginer qu’ils ont si peu de mémoire et ne se souviennent pas du mot : austérité…

Je ne parlerai pas des enfants malades car aucun mot ne peut exprimer la tristesse et l’impuissance  qui s’y attachent.

Je ne parlerai pas non plus de tous ces commentaires atroces qu’on peut lire sur les réseaux sociaux, trop souvent asociaux, qui se pavanent de isme… racisme, sexisme, terrorisme, chauvinisme, égocentrisme…

Et que dire de la solitude qui, bien qu’elle soit mon amie la plus sincère, me pèse parfois, lorsqu’un samedi matin se fait pluvieux et qu’un café sous la couette à coup d’orteils entremêlés pourrait envahir de soleil un p’tit coup de blues…

Alors permettez-moi d’ouvrir les rideaux et à défaut de parler de me mettre à chanter… Reprendre la guitare et les mots griffonnés sur le coin d’une vieille table… De chanter la vie avec ce qu’elle a de plus beau, la caresse de l’enfant ou celle du vent, la tendresse de l’amie… Les souvenirs bien classés comme une boîte à images dans le fond de mon cœur. Et cette petite flamme qui sommeille et surveille chacun de mes pas. Cette petite flamme qui murmure à mon âme que le soleil reviendra. Parce qu’il y a de ces liens qui ne peuvent pas mourir. Que même s’ils ne sont plus, ces gens que j’aime si fort  existent encore dans le plus profond de mon corps…. Alors à coup de notes et de mots endiablés je me réconcilie avec la vie et le temps d’une chanson ;  je vous souhaite bon samedi.

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Ce matin, je sors du placard…

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Je n’ai jamais trop voulu  parler de mon « problème ». D’abord c’est pas très sexy et les gens te regardent avec des grands yeux, sans trop comprendre, l’air de dire « ça tourne pas rond dans sa tête… » Du moins, c’est la perception que j’en ai.

Pourtant,  une aventure vécue hier soir me pousse à sortir du placard. Si mon témoignage peut aider ne serait-ce qu’une personne, alors ça aura valu la peine de me mettre à nu.

Petite mise en contexte. Je suis une fille qu’on dit courageuse, sûre de moi, indépendante et toujours prête à m’investir et à découvrir le monde. J’ai quitté le nids familial à seize ans tant les fourmis me chatouillaient les jambes pour que j’avance. J’ai parcouru une bonne partie du globe et parfois en solo. Rien n’était à mon épreuve. Que ce soit traverser le plus haut pont suspendu du monde au dessus d’un ravin ou aller à la découverte de l’autre dans n’importe quelle partie du monde.

Mais voilà que tranquillement, comme un voleur qualifié, autour de mes 25 ans, un mal est venu me courtiser et a réussi peu à peu à me griser pour finalement m’envahir complètement. Ce mal, c’est la claustrophobie : « La claustrophobie est la peur des espaces confinés, des lieux clos, des petites pièces et de l’enfermement. » Évidemment, quand on ne le vit pas, ça semble bien anodin. Et pourtant… Je vous raconte deux petites anecdotes du début de cette emprise afin de vous faire comprendre un tant soit peu la patente…

  • Début des années 90, aux Francofolies de Montréal, le premier gros show extérieur est organisé. C’est le Cirque du soleil. J’arrive tôt avec des amis et on se met à placoter. Concentrée je ne me rends pas compte de l’espace qui se rempli autour de moi. Quand je tourne la tête, ce sont des milliers de personnes qui forment un mur humain. Je panique à tel point que les policiers me font évacuer de mains en mains (oui oui, les gens me passaient au dessus de leur têtes) comme dans un show rock. Dès l’année suivante, ils ont instauré des corridors de sécurité car ce soir là, je ne fût pas la seule à sortir de cette manière…
  • Deuxième indice, je visite une cave à vin en France chez des amis de mes parents et d’un seul coup, je dois absolument quitter les lieux, je manque d’air, je vais mourir. Je remonte en courant comme une folle et je m’ouvre le crâne. Bref, l’art de se faire remarquer.

Mais ce qui a réellement commencer à me mettre hors de moi, c’est quand j’ai compris que je me trouvais mille et une raison pour ne plus voyager, pour ne plus prendre l’avion. Pourtant voyager c’est mon troisième poumon. J’en ai hérité de mes parents et je l’ai transmis à ma fille.

Mais je ne voyageais plus. Ce n’était jamais le bon moment, ou encore le manque de sous, bref, je trouvais des réponses qui me permettaient de ne pas mettre mon problème en évidence jusqu’au jour où le besoin de voyager devint plus grand que la honte de n’être plus capable de le faire.

Je revois la déception dans les yeux de mon père quand j’ai essayé d’aborder le sujet avec lui… Il ne pouvait pas comprendre cette bibitte qui me rongeait par dedans…

Alors je me suis fâchée contre moi-même et j’ai essayé tout ce que je pouvais pour casser cette cochonnerie qui m’envahissait. Comme c’était psychologique et pas physique, ça ne pouvait pas être une « vraie » maladie et je pouvais donc m’en débarrasser. Bien naïve ou bien prétentieuse la fille… Bref j’ai fait de la désensibilisation, de l’hypnose, du yoga, de la visualisation « name it... » et …… RIEN n’a fonctionné.

À court d’argument, mais avec ce besoin réel de reprendre le contrôle  de ma vie, je suis allée voir un psychiatre. Je lui ai demandé de me zombifier du décollage à l’atterrissage, ce qu’il a fait. Depuis j’ai recommencé à voyager et oui, je me drogue, quelques jours avant de partir. Ce n’est surement pas LA solution, mais dans mon cas, ça m’a réouvert les portes du monde…  Parce que dans un avion, vous savez, y a pas grande porte de sortie…

Mais ce long long préambule m’amène à vous raconter une aventure vécue hier soir. Je devais passer une imagerie par résonance magnétique (IRM) de la tête. Tous les claustrophobes du monde vous diront que ça se trouve pas mal dans le top 10 des lieux à éviter.

Ça fait donc une semaine que je dors mal parce que oui, je ne vous ai pas dis, mais quand on est claustro, on adore se faire des scénarios et commencer à angoisser sur le moment à venir bien avant qu’il n’arrive. Dès que tu mentionnes claustrophobe à un doc, il te prescrit des calmants avant la dite IRM mais je savais que ça ne servirait à rien. Ce n’est pas le premier examen de ce genre pour moi. Néanmoins, en bon petit soldat, je prends la pilule plutôt que ma « drogue d’avion » qui est un peu disons « carabinée »…

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C’est le soir, très peu de monde à l’hôpital. La technicienne vient me chercher. Elle est seule pour l’examen. On essaye, le casque, elle me recule au centre de la bébelle, une fois, deux fois, trois fois, pas capable, je panique…. Elle me demande alors qui est la personne qui attend de l’autre côté. Parce qu’il faut dire que lorsqu’on prend un calmant avant un examen on ne peut pas conduire… Elle me rassure, me dit que des milliers de gens sont comme moi et qu’on va y arriver ensemble…

Elle donne une permission exceptionnelle à l’ami très cher qui m’accompagne de rester avec moi, de me tenir le bout des doigts (C’est ce qui sort de la machine, le bout des doigts…) et la jambe. De cette façon, je sais que j’ai une porte de sortie. Je sais que si je vis une crise de panique, il va me sortir de là et comme une grande, je reste une demi-heure dans le monstre afin de faire l’examen.

Ce matin, je veux remercier cet ami très cher qui est toujours là pour moi  et cette jeune technicienne qui a un peu tordu les règles afin que l’examen se passe bien.

Amis claustrophobes, Si vous avez ce type de test  à passer, de grâce, demandez à votre docteur de permettre l’accompagnement d’une personne de confiance et vous vous assurerez ainsi une porte de sortie et quelques cauchemars en moins.