L’un des nôtres…

yannick

Dimanche 18 novembre.

Je devrais être fébrile à l’idée de revoir ma gang de travail. À peine trois semaines que j’ai changé d’emploi et pourtant j’ai l’impression que ça fait deux ans. On s’est donné rendez-vous tout à l’heure dans l’un des plus beaux villages de la MRC de Maskinongé. Y a un gros soleil qui reflète sur la neige blanche, c’est magique, féerique…

Je devrais être fébrile. Je le suis. Mais le sourire de retrouvailles laisse place à un grand trou; juste là, au fond de ma poitrine. Un trou qui rassemble tristesse, incompréhension, culpabilité, impuissance… Un trou qui donne le goût parfois de dire maudite vie que t’es donc pas facile à vivre…

Aujourd’hui on va dire adieu à l’un des nôtres.

Yannick, t’étais pas le plus bruyant, ni le plus drôle.
T’étais pas celui qui prend les devants afin qu’un esprit de gang se développe et se consolide.  Mais t’étais là, tout le temps et depuis si longtemps. Toujours prêt à rendre service.

Je me souviendrais de ta musique, de la fierté dans tes yeux quand tu me faisais écouter un nouveau morceau. De ton petit air gêné quand on se croisait dans le corridor, même après toutes ces années. De ton amour inconditionnel des animaux. De ta démarche, ton pas décidé qui donnait l’impression que tu savais exactement et tout le temps où tu t’en allais…

J’aurais voulu voir cette tristesse qui t’habitait. J’aurais voulu t’aider… J’aurais voulu comprendre…. Mais je n’ai pas vu… pas compris… pas aidé… Je te demande pardon…

Et je lance un appel à tous mes ami(e)s. Tu as mal ? Ne reste pas seul. Y a toujours un lendemain… Y a toujours une solution. Reste des nôtres 

1 866 APPELLE (1 866 277-3553)
24 heures par jour
7 jours par semaine

bois-neige

 

Mon armistice à moi…

 

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Je suis de votre chair, de votre sang.

La guerre a pris mes grand-parents. Sans les connaître, ils coulent dans mes veines et aujourd’hui je me souviens. 1940.  Alsace. En plein milieu des combats.

Il avait l’âme à l’action et à la Résistance. L’explosion d’un train. Une fraction de millième de seconde, mon grand-père devenait un souvenir.

Ma mère avait à peine plus d’un an et son frère était toujours dans le ventre de sa propre maman. Il n’aura pas de père. Mon oncle Fernand est né « Ferdinand » car l’Allemagne à ce moment avait conquis la belle et rebelle tricolore. Imaginer l’époque me soulève l’indignation et monte en moi une vieille trace de colère et d’incompréhension. Mais Pourquoi ? J’ai comme un besoin ardent de sauver et défendre les miens…. Mais on ne refait pas l’Histoire…

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Ma grand-mère a rejoint son amour quelques années plus tard. Fatiguée, malade, à bout de souffle et de cœur de cette guerre meurtrière qui lui a volé le plus profond de son âme. C’est donc orpheline que ma maman à moi a grandi. Tant bien que mal, entre les orphelinats et sa grand-maman. Burinée de douleur, de souvenirs et d’images. Même 40 ans plus tard le son d’un feux d’artifice réveillait en son œil, l’espace d’un souffle, une frayeur innommable.

Elle ne m’a que peu parlé de cette guerre, de cette enfance volée, des moments de douleur si vive et intense. Parce que les mots ne peuvent qu’arrêter de décrire une fois un certain degré d’horreur dépassé.

On ne peut comprendre le passé., On ne peut que l’accepter. Mais la victoire de la vie sur cette guerre maman, est qu’aujourd’hui, même si tu n’es plus là, tu as trois magnifiques petits-enfants, qui continueront à vivre avec le sang des sacrifices dans leurs veines, dans leur cœur. C’est la revanche et la victoire de la vie.

C’est mon armistice à moi…

Aujourd’hui je me souviens…

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Demain l’aventure…

Hilly Road

J’ai toujours pensé que la destination se devait d’être de changer un tant soit peu le monde… Un petit pas à la fois. Que ce soit d’essayer de décrocher des sourires sur le visage de collègues, donner un peu d’espoir à celui qui n’en a plus, contaminer un enfant avec le don de soi ou encore se laisser contaminer, ce qui est beaucoup plus difficile… Mais poser un geste, un tout petit geste…

Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai ce besoin d’avoir un impact, si petit soit-il, sur la vie de quelqu’un. Ce besoin de me dire que ma journée s’est avérée « payante » que j’ai pu faire une toute petite différence…

Depuis aussi loin que je me souvienne, cet appel de justice, d’équité et d’amour pour l’autre fait allumer un feu en moi et me donne le goût de me battre. Me donne le goût de foncer.

Au fil du temps (et qu’il passe donc ben vite celui-là!) divers chemin m’ont guidée à répondre à cet appel. Que ce soit en maison d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, où j’ai appris le sens du mot résilience avec un grand R, où j’ai vu tant de souffrance, mais aussi d’espoir et de « miracles »… ou encore à la MRC de Maskinongé où j’ai passé les huit dernières années et où j’ai eu la chance de côtoyer tant de gens exceptionnels. J’ai essayé, à ma façon. avec une plume parfois ou encore un bâton, d’ouvrir des portes de projets et d’actions.

Ce n’est pas toujours possible, c’est souvent éreintant et frustrant, mais c’est cette destination : « changer un tant soit peu le monde » qui  m’habite et m’allume chaque jour de ma vie.

Dès demain matin, je garde le cap mais je change de moyen de transport. Une nouvelle aventure commence. Je rejoins un homme que je connais bien et pour qui j’ai un profond respect. Un homme qui a le cœur et les convictions à la bonne place et qui, je n’en doute pas une seconde, travaillera d’arrache-pied pour les gens, les organisations et les entreprises de son comté.

Merci Simon Allaire!  Merci pour la confiance que tu m’accordes, merci de me donner la chance de travailler différemment vers l’atteinte de ma destination de départ… C’est un honneur et un privilège de me lancer dans cette aventure avec toi à titre d’attachée politique… Et même si j’ai horreur des promesses, j’en fais une aujourd’hui, soit celle de mettre tout mon cœur dans cette nouvelle aventure !!!

Simon

 

 

 

 

 

 

 

Il était un boisé…

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Au delà des promeneurs et habitants du quartier qui s’indignent haut et fort d’une potentielle coupe dans ce boisé joli, je me suis demandée pourquoi la colère et l’envie de te protéger s’est rendue jusqu’à toi, à toi ou moi…

Sans avoir la prétention de détenir la vérité, je pense posséder un p’tit bout de réponse.

Collectivement, on en a marre. Marre de voir nos richesses s’envoler pour toujours plus et plus de production, de consommation, de développement aveugle. Marre de cette vie qui va si vite et oublie parfois de réfléchir avant d’agir. Marre de devoir expliquer à nos enfants que l’équité n’existe que sur papier et que les choix que nous prenons au Nord ont un impact au Sud. Marre d’entendre ces climato-sceptiques répéter que tout va bien dans le meilleur des mondes…

Alors toi ! Joli boisé que je ne connais pas, tu représentes ce TROP partout autour de nous. Tu n’as rien demandé, si ce n’est offrir une aire de jeux à des chatons de passage, ouvrir tes bras verdoyants aux promeneurs du dimanche et surtout, souffler ton air aux poumons encrassés que nous sommes. Trois-Rivières, ville TRès polluée. La première au Québec selon le palmarès 2016. Qu’on se réjouisse, pour une fois, on bat la métropole !!!!

Loin de moi l’idée de vouloir faire une leçon de morale ou de m’enfouir la tête dans le sable bitumineux. Nous avons besoin de richesses économiques, nous avons besoin d’essence, nous avons besoin de main d’oeuvre et donc d’attirer de nouvelles familles en notre belle Trifluvie. Mais a-t-on besoin de le faire de cette façon ?

N’y a-t-il pas moyen d’offrir un second souffle à des quartiers existants ? La  revitalisation, quel beau, stimulant et cohérent défi en ces années 2000…

On ne change pas ses habitudes en deux temps trois mouvements. Il m’arrive encore de jeter du carton à la poubelle, mais mon ado me ramène TRès vite à l’ordre et si je prends le temps de réfléchir à mon geste, alors évidemment je change de bac.

Alors tu sais joli boisé, je crois qu’il est temps de prendre son temps !  je crois que cette colère collective qui monte à ta défense représente ce goût, ce désir, ce besoin !!! de réfléchir avant d’agir, de préserver le joyau que tu es et pourquoi pas, de te rendre contagieux.

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J’ai soif !

ours

J’ai soif –

Soif de revoir les courbes majestueuses de certains pays loin là-bas et d’en découvrir de nouveaux…  pas à pas… Tout doucement. À travers mes yeux d’enfants.

J’ai soif –

De rencontres humaines au détour d’un peut-être. le temps d’échanger un rêve dans le vent du moment. De voler un peu de toi au carrefour de l’instant.

J’ai soif –

Soif de toi. D’une caresse de l’autre que je ne connais pas…

J’ai soif –

De cette effervescence qui oblige mes pieds à danser l’un devant l’autre. Là-bas, sur les chemins magiques d’un ailleurs bien connu; d’un ailleurs inconnu.

J’ai soif –

De cette urgence de vivre intensément chaque moment. Comme si le grand sablier du temps déjà me courtisait au détour de l’instant… Cinquante ans.

J’ai soif –

Soif de toi. D’une caresse de l’autre que je ne connais pas…

J’ai soif –

De reprendre le chemin droit devant comme avant. Sortir du cercle trop planifié des années.

J’ai soif –

De poser mes pieds sur les courbes imparfaites d’une nature luxuriante; d’une ville incandescente.

Alors je bois. Chaque goutte qui s’offre à moi dorénavant je la bois. Et aujourd’hui je t’invite à trinquer avec moi.

trinquer

 

 

Ce matin j’ai le goût de parler de toi..

vagabond

Oui oui, de toi…

De ta façon de me regarder, la tête un peu penchée, l’œil discret. De ta façon de te promener, mains dans les poches, comme si l’itinéraire n’était jamais fixé.

Moi j’te dis bonjour quand j’te vois, tout le temps. Tu me rends mon salut, du moins à moitié,  l’air de te demander si vraiment le mien t’était adressé. Ben oui l’ami, c’est pour toi ce sourire qui tout naturellement se forme quand je te vois.

Tu sais, j’ai le goût de te parler, de t’écouter, de connaître ton histoire alors je m’approche un peu plus à chaque rencontre. Je m’approche tout doucement, afin de t’apprivoiser. Qu’il semble lourd ce passé qui t’a ainsi figé dans une vieillesse précoce et solitaire.

Ton histoire pourrait être la mienne et ça… Je le sais. La ligne est mince, le cœur fragile…

Oh non tu ne fais pas pitié, bien que je sois bien sûr sensible à ta souffrance, ce n’est pas du tout le mot qui me vient, ne t’en fais pas… Loin de moi l’idée de projeter la honte au dessus de toi alors s’il-te-plait, lève la tête et regarde moi, parle-moi. Un maux à la fois.

Tu n’es pas seul mon ami. Tu ne le sais pas, mais je suis là, il est là, elle est là, nous sommes près de toi.

Tous ces gens qui vont trop vite et qui détournent le regard en te voyant, ne le font que par maladresse, inconfort, gène. Ils sont coincés dans cette folie qui va trop vite, dans le manège étourdissant de la vie. Et pourtant, toi, tu le sais et tu pourrais leur parler de ce garde-fou qui parfois se casse à l’orée de cette course folle et ce, quand on s’y attend le moins. Et que oui, parfois,  il est possible de tomber.

Tu es le vagabond. Celui qui se déplace sans cesse. Celui qui marche afin de contourner le temps. Celui qui semble cajoler tant de souvenirs précieux au fond de l’œil discret, profond et mouillé qui est le tien.

Je t’appellerai Axel en attendant de connaître ton prénom. Axel c’est l’homme  « qui rêve sa vie, qui vit dans son imaginaire… »

Jamais je ne t’ai  vu tendre la main pour quelque sous ou quelque morceau de pain. Tu es là et las, tu marches seul, au gré de ton parcours, au rythme de ton chemin.

Regarde tout là-bas, il y a un banc. Si tu veux on s’assoit et le temps d’une démesure, tu me racontes ton histoire…

Juste déposer le temps…

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Juste déposer ma montre sur la table de nuit. Celle-là même qui règle les trois quarts de ma vie. Humer l’air, si chaud soit-il et qui entre discrètement par ma fenêtre entrouverte.  Prendre un livre, tu sais, un vrai ! Pas de liseuse ou de tablette… Non non,le bonheur d’un vrai livre, acheté dans une librairie indépendante, riche de ses feuilles bien blanches et de ses milliers de mots…

Il m’invite. Comme le beau brun d’un souvenir lointain, sourire coquin et œil allumé l’avait fait quelque temps avant lui. Bref, il m’invite à déposer le temps et entamer cette valse amoureuse dans ses bras, au rythme de sa ponctuation, au rythme de son émotion.

Déjà ses préliminaires me basculent dans l’ailleurs. Il n’y a plus que nous deux… Plus que nous deux… Je suis complètement soumise, amoureuse, le temps d’un vertige… Je me donne entièrement à cette valse endiablée. Il me guide dans sa folie, son intrigue, son espace parallèle… Je suis là. Je suis là et je danse. Me vois-tu ? J’y suis… Dans cette destination de l’ailleurs qu’il a choisi pour moi.

Et ce temps où le temps n’existe pas, Il n’y a que l’amour ou le livre pour l’inventer, le ressentir, le vivre. J’ai le goût de l’appeler, mon p’tit moment de grâce. Tu seras le seul, le temps de cette valse. Je te serai fidèle jusqu’à l’apogée de notre amour où je te quitterai, tout doucement. En fermant les yeux pour garder au plus profond de moi le souvenir de notre aventure. Et doucement, tout doucement, l’autre te succédera afin de me guider vers le prochain voyage…
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Page blanche…

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Me voilà repartie dans un tourbillon d’il faut que… Je dois absolument… C’est aujourd’hui…. Bref, il y a une semaine que je n’ai pas écrit de billet alors la moelle de substance écriturale se doit de dégouliner….

Mais pourquoi? Au fond, si ce qui paraît être un abîme tout blanc et tout profond devant moi n’était que la première note d’une symphonie d’inconnus; qui de trous noirs en pages blanches m’amenait vers un sujet délirant et incontournable à en faire baver Mauriac?

Et si, au contraire, cette parenthèse du réel ne se voulait qu’un moment de solitude où le rebond de la vie, les événements passés, présents, futurs s’amusaient simplement à se confondre pour se tailler une place dans cette réflexion matinale…

Est-ce vraiment important? Si la destination du jour n’était pas le sujet sur lequel élaborer, se questionner, philosopher, mais simplement sur la manière… La démarche…. Un arrêt dans le temps… Au milieu de ce flot de quotidienneté qui nous pousse, tous les jours, à replonger dans un amas de routines pas toujours passionnant mais… disons…..adéquat… qui permet de maintenir un équilibre, si fragile soit-il parfois, entre le : je dois, je veux, j’aimerais…

Voilà…. Ce matin je me suis levée pour me rappeler de ne pas perdre cette qualité de doute, d’inconnu, de frisson qui s’installe avant chaque trait de crayon ou de clavier… Comme un premier amour à jamais renouvelé. J’aime ce vide épeurant de la page blanche qui me permet, l’espace d’un cours moment de n’être qu’avec mon trac… mes idées… mes envies… Loin du devoir et des impondérables de la vie….

Quand les mots se fréquentent sans connaître le but premier de leur rencontre, c’est un magnifique moment ancré dans le temps… En direction d’une des portes du possible…

4 gars : un cœur de Qw4rtz

qw4rtz

8h moins le quart. Premier constat.

La magnifique salle Thompson de Trois-Rivières est aussi hétéroclite qu’endiablée ce soir. Des petites têtes blondes jusqu’aux cheveux bien blancs. Du look décontracté à la robe de soirée. Quel drôle de public que je me dis, accompagnée moi-même de mon ado qui est tombée en amour avec le groupe lors d’une visite de ceux-ci à l’école.

Bref, c’est même pas commencé que je sens déjà au fond de la poitrine, tu sais, là où ça tremble, ça pleure où ça rit à la moindre émotion ? Ben là, au fond de la poitrine je sais que je vais passer une bonne soirée.

Décor épuré, éclairage franc et direct. BANG! Ils font leur entrée quelque part entre rock stars et universitaires…  Quelque part entre frissons et passion.

Et là, je vous jure c’est de l’Art. Avec un grand A.  Et A pas juste pour A cappella. C’est une oeuvre d’art de deux heures qui se déploie devant nos yeux et surtout nos oreilles. Non seulement ils sont remplis de talent, mais on voit que l’oeuvre a été sculptée, peaufinée, épurée, des heures durant pour en arriver à …. Tout simplement la perfection avec une touche d’humour et beaucoup d’amour.

L’Art se situe aussi dans l’intelligence avec laquelle ce spectacle est monté. Des Beatles au classique, en passant par Piaf, Brel ou les Backstreet boys, du Vigneault et du Bruno Mars réinventés, bref, quel cadeau.

L’Art aussi de faire les choses avec sérieux, mais sans se prendre au sérieux. On a l’impression de connaître ces quatre gars fort sympathiques et de les imaginer faisant partie de la famille. On les voudrait comme chum, frère, ami, fils ou gendre… Bref, peut-être parce que ce sont des gars d’ici, on les imagine assis à notre table. Ami-e-s je vous le dis, si ce n’est déjà fait, courez vous imprégner de ce joyau de quatuor.  Car si j’ai une certitude ce matin, c’est qu’on va entendre parler longtemps et partout sur la planète de ce « boy’s band » bien de chez nous.

Merci Qw4rtz !

J’aime le matin…

cafe

J’aime le matin… Ce doux moment où le soleil valse avec le café à l’orée de mon cœur. Ce doux moment où l’essentiel est à faire, à vivre, à combler. Je suis prête. Que ce soit prendre d’assaut un auditoire ou simplement ratisser un petit coin de jardin, je suis prête.

J’ai vingt ans, je le sens.

Puis la journée avance comme une tonne de brique tombée sur le ciment. Mais où donc passe le temps ?

Je côtoie des gens que j’aime et l’espace d’un moment j’essaye de le gagner un peu… le temps… Vain combat qui me rentre un peu plus dans les veines, chaque semaine … Mais j’suis sereine…  J’aime le matin… J’aime le matin…. J’y suis si bien…

J’arrive la première et caresse ce moment; la journée m’appartient.

Puis doucement la faune s’éveille; débute le safari. Le temps s’égraine vitesse grand V et parfois m’envahit de nausée. Tout va si vite. Trop vite. À peine l’aube de la certitude effleurée, il faut recommencer.

Puis le soir reprend sa place à coup de doutes et d’espoir…
Puis le soir mesure l’effort et me rappelle que je n’ai plus vingt ans. Ou du moins, jusqu’au prochain matin.

J’aime le matin… Ce doux moment où le soleil valse avec le café à l’orée de mon coeur…